Cette nuit est vraiment bruyante. Les prisonniers se parlent entre eux (en argot incompréhensible...) à travers la petite trappe de leur porte de cellule. Je perçois une certaine excitation qui est probablement due aux convocations au tribunal de certains détenus. Les gardiens ne disent mot...
J'attend sagement l'après midi (que c'est long ces heures d'attente enfermé, ne rien faire...) et un policier vient me chercher dans ma cellule. Je récupère chaussures et veste et cette fois-ci : innovation ! Je me vois affublé d'une rutilante paire de menottes, mains devant, avant de monter dans la voiture de police. Boum ! Ça commence bien !... bonjour l'ambiance !...
Arrivés au tribunal , toujours par la petite porte, cette fois ci il y a la télévision. Une camera me filme rentrant dans le tribunal... voila, les menottes, c'était peut être pour les médias ?!... peut être pas ?!... bref !
Dès mon arrivée, Ray, mon avocat, me confirme que la réclamation de la compagnie aérienne s'élève à environ 22000$ US (le montant exact au centime près n'est pas encore connu) et que la justice canadienne me pénalise de 10000$ CAN à régler dans les 4 mois (pour l'amende canadienne seulement). Mais "bonne" nouvelle, je pourrais sortir de cellule aujourd'hui avant même de payer ces sommes. Enfin, la fin de l'enfer !
Avant de rentrer dans la salle d'audience, je suis "stocké" sans chaussures dans une petite cellule... une salle d'attente en quelque sorte, mais beaucoup moins sympa que chez le dentiste ! Et là, je découvre un jeune homme de 18 ans, tout excité, tournant en rond dans ce local exigu, qui attend comme moi son passage devant la cour. Je m'assois tranquillement et nous faisons connaissance... Je comprend alors que je suis vraiment de l'autre côté du mur !... pas du bon , hélas ! Il me demande ce qui m'amène ici et je lui raconte mon histoire... Il éclate de rire surpris d'un tel traitement pour un tel motif ... Il a l'impression d'entendre un comte pour enfants qui se termine mal ! Je comprend sa réaction car vu de l'extérieur, mon aventure peut faire sourire... voire rire ! Enfin pas moi ! A mon tour, je lui renvoie la question : "mais qu'a tu donc fais pour être là ?". Là c'est déjà moins rigolo ... Il m'explique avec un accent qui m'oblige à le faire répéter de temps à autre, qu'il a braqué avec une arme un "coffee shop" avec un complice et qu'il a blessé deux personnes. Mais pourquoi ? ... "Pour de l'argent !" me répond il avec une sincérité désarmante. Whaoo !! Autant mon histoire l'a fait rire, que la sienne m'a laissé perplexe. Mais qu'est ce que je fais dans cette galère avec ce délinquant survolté entre ces quatre murs ?!...
Il m'explique aussi qu'il s'est rendu de lui même à la police car il avait des remords... Il risque deux années de prison ferme et il me demande : "c'est bien?" , je lui répond du tac au tac : "Non ! mais si tu t'es rendu, cela signifie que tu peux t'en sortir, fondé un famille, travailler, voyager"... On en vient à discuter religion, voyage, apprentissage de langue étrangères... Enfin, là vraiment, je suis sur une autre planète...
Par contre, un sentiment étrange me traverse alors l'esprit : du même côté du mur, on voit les gens qui se trouvent à l'intérieur d'un œil différent... Certainement pas d'excuse car son geste est grave et inacceptable mais de la compréhension dans une certaine mesure et aussi de la compassion... Je crois que je comprendrai dorénavant ce que signifie la dignité pour les détenus... Allez, on se reprend.!
Une policière vient à la porte du local et demande à mon colocataire (... provisoire et momentané) de cellule de s'écarter de la porte et de s'assoir car elle craint une réaction violente. Ce qu'il fait sans se faire prier. Elle me demande de l'accompagner dans la salle d'audience. Bizarrement, je 'n'ai droit à aucune mesure coercitive particulière (pas de menottes ni chaines). L'ambiance a l'air de s'apaiser...
Cette fois ci, le juge est présent ... Il me confirme les dires de mon avocat et précise que je suis relâché aujourd'hui sous surveillance jusqu'à demain après midi (jour du procès). Bon OK ! je pensais que le procès c'était aujourd'hui, mardi, eh bien, non !... faut croire qu'ils y prennent goût (...en tout cas pas moi !), on se revoit demain !! C'est l'annonce la plus chaleureuse que j'ai entendu depuis le début de ce cauchemar : je sors !! Yessss !... Donc "surveillance" signifie que je suis consigné dans une chambre d'hôtel (Ray s'occupe de trouver un hôtel "potable"!) de 19h à 7h du matin et que je dois aller "pointer" à la Police dans la journée...
Avant de repartir à la RCMP pour prendre mes affaires, je suis de retour dans le petit local où le jeune gangster est à son tour appelé pour son jugement. Dans son cas, il a droit aux menottes. Quand il revient dans la cellule, il me confirme sa peine: 2 ans de prison... Lorsque la sentence est tombée, sa famille était en larmes dans la salle d'audience. Et je le vois s'agiter au seul carreau blindé de la porte faisant signe à son complice qui se trouvait dans une cellule de l'autre côté du couloir, qu'il en prenait pour 2 ans. Ça n'avait pas l'air de l'affecter plus que ça !!... A 18 ans, les plus belles années d'une vie ! Quel gâchis !
Le retour à la RCMP: en voiture avec le jeune délinquant menotté et moi (libre) à l'arrière du véhicule de police. Les gardiens et un policier me rendent l'ensemble de mes affaires, y compris ce qui manquait dans ma valise, sauf mon PC, mon PDA et le module Ecogyzer confisqués dans l'avion. Ils peuvent garder ces éléments jusqu'à 30 jours après le procès comme preuve.
Ray m'a réservé une chambre à l'hôtel Gander. Un gardien de cellule me propose de m'y emmener dans son véhicule personnel. Sympa ! Je lance un bon courage aux autres détenus et je file sans demander mon reste!
Dehors il pleuvait un fin crachin. La liberté est tellement appréciable lorsqu'on en est privé !
L'hôtel Gander: un hôtel très correct situé sur la route transcanadienne N°1, avec vue sur le lac Gander. Voila la vue de ma chambre.
Un lit, un vrai ! , une douche ! Enfin je respirais !... Un telephone : je vais pouvoir annoncer la nouvelle de ma sortie à mes proches... Le bonheur de les entendre ! Mais il est deja presque 19h00. Couvre feu !!... Allez, bonne nuit (...une vraie cette fois ci !)
dimanche 6 septembre 2009
Premier jour au tribunal... le goût des chaines !
Je commence à prendre mes marques et, la fatigue aidant, cette nuit j'ai réussi à dormir un peu. J'espère que ce lundi sera mon jour de sortie. Ce matin j'ai rendez vous au tribunal où je dois rencontrer mon avocat (... commis d'office).
Après un petit déjeuner "aux potatoes", un policier me sort de ma cabane(... au Canada! bon d'accord, facile !) et me demande gentiment de mettre mes chaussures et ma veste et de le suivre jusqu'à son véhicule de police. Je m'exécute. Un peu d'air me fera du bien... Pas de bol, il pleut. Quelle importance après tout ! ce n'est quand même pas une excursion touristique ! Juste accompagné par un gardien et un policier, nous nous rendons au tribunal de Gander qui est a l'autre bout de la ville. Nous y sommes en 5 à 10 minutes.
Aucune mesure particulière n'est pris à mon égard (pas de menottes) et nous passons par l'entrée des "artistes". Accueil glacial du shérif qui me fouille au corps (... au cas où ils auraient oubliés de m'enlever une arme ! ... franchement !), me demande d'enlever ma veste et de mettre mes genoux sur une chaise qu'il adosse au mur. Drôle de demande !... Mais je comprends vite : je le vois brandir une chaine reliée par deux menottes qu'il m'accroche aux pieds alors que je suis à genoux sur la chaise. Effet choc garanti ! Alcatraz et Guantanamo réunis ! Alors là, ça me plombe bien le moral !
Accompagné par une jeune femme policier, j'essaie de marcher avec ces engins aux pieds jusqu'au local de l'avocat qui se trouve à une vingtaine de mètres de là... Ce n'est pas très loin, mais en traversant un espace public du tribunal avec les pieds entravés, je comprends la détresse des détenus qui doivent subir de telles humiliations... C'est inhumain.
Je rentre dans ce local exigu où se trouve déjà l'avocat, Ray. Grand bonhomme, courtois et affable, il me salue en français d'un "bonjour" et malgré mes chaines, je prend ça comme un planche de salut. Un mot dans ma langue depuis bientôt 2 journées, ça fait du bien... Hélas, son vocabulaire en français s'arrête à quelques mots de politesse, il continue en anglais à m'expliquer les différentes options qui s'offrent à moi.
Plaidé coupable ou non coupable, voila le choix. Coupable et je sors rapidement (ce que je souhaite de tout mon être) ou non coupable et je rentrerai dans une logique de procès qui peut durer des semaines voire des mois (pas question!). Donc le choix est maigre, et je prends vite la décision: coupable ! Ray m'annonce que dans ce cas, vu la charge qui pèse contre moi (il n'y en aurait plus qu'une : mischief) , mon amende serait de l'ordre de 30000$ environ (20 pour la compagnie aérienne et 10 pour la justice canadienne) ! Paf! encore un choc ! mais où vais je trouver tout cet argent ?... Et quand devrais je la payer ?... S'il faut payer pour sortir de ce trou, alors là, je ne suis pas sorti de l'auberge ... Chaines aux pieds avec 30000$ d'amende, vous imaginez le moral... dans les profondeurs abyssales :-(
L'avocat m'explique que dans quelques instants je passerais devant la cour (mais le juge sera joint par téléphone) et que par conséquent, je devrais revenir demain au tribunal pour que juge, procureurs et avocat statuent sur mon cas. Rechoc! ça n'arrête pas : je ne sortirai donc pas aujourd'hui, encore une journée de taule !! oh non !!
A aucun moment, il n'a demandé à entendre ma version des faits... j'ai compris par la suite qu'en décidant de plaider coupable, il me restait un droit : celui de me taire!
L'entretien a duré 10 à 15 minutes (sans montre, c'est pas évident!) En le quittant je lui laisse les coordonnées de ma famille et de mon associé afin qu'il les contacte car tant que je suis en cellule, j'ai pratiquement plus l'occasion de les joindre.
Avec les chaines aux pieds, je suis raccompagné dans une petite cellule dans l'enceinte du tribunal en attendant de passer devant le juge .. par téléphone ! Le shérif m'enlève les chaines. Quelques temps après, un policier me demande de mettre mes mains dans le dos et me passe cette fois ci les menottes et m'accompagne dans la salle du tribunal. En l'espace de 2 heures à peine , j'ai gouté à deux "plaisirs" inédits (...dans ma vie): les chaines et les menottes ! C'est quand même beaucoup dans la même journée. Trop même ! Objecté quelque chose dans ces conditions : difficile, très difficile !
Dans la salle du tribunal, boisée avec le portrait de la Reine... Elisabeth (Commonwealth oblige !) au dessus du siège du juge, les menottes me sont enlevées et je m'assoies à la place de l'accusé (fauteuil moelleux qui contraste avec les conditions de détention...). Devant moi, de dos, les procureurs fédéral et provincial, mon avocat, et de face une greffière. Sur les cotés (... au cas où !), un officier RCMP et un policier "shérif team". A la place du juge, un poste téléphonique !
La séance démarre lorsqu'on entend le juge qui pose quelques questions aux procureurs puis a l'avocat. Il informe l'assistance qu'il y aura donc une nouvelle séance demain après midi pour statuer sur mon éventuelle sortie de cellule et sur la peine encourue. Tout ça pour ça !?... Pas terrible ! D'autant plus que je retourne dans ma cabane pour une journée de plus. Pas glop :-(
Retour menotté dans la petite cellule du tribunal. On me rend ma veste et direction mon lieu de villégiature RCMP accompagné de mes anges gardiens.
Rebelote, veste et chaussures enlevées, je rentre dans ma cellule et je sens alors que je commence à m'approprier le lieu... sentiment bizarre et ambigüe !
Ce lundi après midi; les gardiens me proposent une douche ... pas collective heureusement (attention au coup du savon !) Waoh! du bonheur! Enfin, je retrouve une part de ma dignité. On m'autorise à changer de vêtement en prenant du linge dans ma valise. Je constate à ce moment là que plein d'objets ont disparu: tous mes appareils électroniques (quelques Ecogyzer pour le séminaire, mon montre de joggueur avec GPS, des chargeurs pour batterie...), et même une bouteille de St Emilion Grand Cru 1993 que j'avais prévue comme cadeau pour notre partenaire à San Francisco). Bon on verra ça après !
Propre, je replonge pendant de longues heures dans mes pensées jusqu'à la nuit. J'ai du mal à trouver le sommeil... J'espère que demain sera la dernière journée dans cet endroit...
Bonne nuit !
Après un petit déjeuner "aux potatoes", un policier me sort de ma cabane(... au Canada! bon d'accord, facile !) et me demande gentiment de mettre mes chaussures et ma veste et de le suivre jusqu'à son véhicule de police. Je m'exécute. Un peu d'air me fera du bien... Pas de bol, il pleut. Quelle importance après tout ! ce n'est quand même pas une excursion touristique ! Juste accompagné par un gardien et un policier, nous nous rendons au tribunal de Gander qui est a l'autre bout de la ville. Nous y sommes en 5 à 10 minutes.
Aucune mesure particulière n'est pris à mon égard (pas de menottes) et nous passons par l'entrée des "artistes". Accueil glacial du shérif qui me fouille au corps (... au cas où ils auraient oubliés de m'enlever une arme ! ... franchement !), me demande d'enlever ma veste et de mettre mes genoux sur une chaise qu'il adosse au mur. Drôle de demande !... Mais je comprends vite : je le vois brandir une chaine reliée par deux menottes qu'il m'accroche aux pieds alors que je suis à genoux sur la chaise. Effet choc garanti ! Alcatraz et Guantanamo réunis ! Alors là, ça me plombe bien le moral !
Accompagné par une jeune femme policier, j'essaie de marcher avec ces engins aux pieds jusqu'au local de l'avocat qui se trouve à une vingtaine de mètres de là... Ce n'est pas très loin, mais en traversant un espace public du tribunal avec les pieds entravés, je comprends la détresse des détenus qui doivent subir de telles humiliations... C'est inhumain.
Je rentre dans ce local exigu où se trouve déjà l'avocat, Ray. Grand bonhomme, courtois et affable, il me salue en français d'un "bonjour" et malgré mes chaines, je prend ça comme un planche de salut. Un mot dans ma langue depuis bientôt 2 journées, ça fait du bien... Hélas, son vocabulaire en français s'arrête à quelques mots de politesse, il continue en anglais à m'expliquer les différentes options qui s'offrent à moi.
Plaidé coupable ou non coupable, voila le choix. Coupable et je sors rapidement (ce que je souhaite de tout mon être) ou non coupable et je rentrerai dans une logique de procès qui peut durer des semaines voire des mois (pas question!). Donc le choix est maigre, et je prends vite la décision: coupable ! Ray m'annonce que dans ce cas, vu la charge qui pèse contre moi (il n'y en aurait plus qu'une : mischief) , mon amende serait de l'ordre de 30000$ environ (20 pour la compagnie aérienne et 10 pour la justice canadienne) ! Paf! encore un choc ! mais où vais je trouver tout cet argent ?... Et quand devrais je la payer ?... S'il faut payer pour sortir de ce trou, alors là, je ne suis pas sorti de l'auberge ... Chaines aux pieds avec 30000$ d'amende, vous imaginez le moral... dans les profondeurs abyssales :-(
L'avocat m'explique que dans quelques instants je passerais devant la cour (mais le juge sera joint par téléphone) et que par conséquent, je devrais revenir demain au tribunal pour que juge, procureurs et avocat statuent sur mon cas. Rechoc! ça n'arrête pas : je ne sortirai donc pas aujourd'hui, encore une journée de taule !! oh non !!
A aucun moment, il n'a demandé à entendre ma version des faits... j'ai compris par la suite qu'en décidant de plaider coupable, il me restait un droit : celui de me taire!
L'entretien a duré 10 à 15 minutes (sans montre, c'est pas évident!) En le quittant je lui laisse les coordonnées de ma famille et de mon associé afin qu'il les contacte car tant que je suis en cellule, j'ai pratiquement plus l'occasion de les joindre.
Avec les chaines aux pieds, je suis raccompagné dans une petite cellule dans l'enceinte du tribunal en attendant de passer devant le juge .. par téléphone ! Le shérif m'enlève les chaines. Quelques temps après, un policier me demande de mettre mes mains dans le dos et me passe cette fois ci les menottes et m'accompagne dans la salle du tribunal. En l'espace de 2 heures à peine , j'ai gouté à deux "plaisirs" inédits (...dans ma vie): les chaines et les menottes ! C'est quand même beaucoup dans la même journée. Trop même ! Objecté quelque chose dans ces conditions : difficile, très difficile !
Dans la salle du tribunal, boisée avec le portrait de la Reine... Elisabeth (Commonwealth oblige !) au dessus du siège du juge, les menottes me sont enlevées et je m'assoies à la place de l'accusé (fauteuil moelleux qui contraste avec les conditions de détention...). Devant moi, de dos, les procureurs fédéral et provincial, mon avocat, et de face une greffière. Sur les cotés (... au cas où !), un officier RCMP et un policier "shérif team". A la place du juge, un poste téléphonique !
La séance démarre lorsqu'on entend le juge qui pose quelques questions aux procureurs puis a l'avocat. Il informe l'assistance qu'il y aura donc une nouvelle séance demain après midi pour statuer sur mon éventuelle sortie de cellule et sur la peine encourue. Tout ça pour ça !?... Pas terrible ! D'autant plus que je retourne dans ma cabane pour une journée de plus. Pas glop :-(
Retour menotté dans la petite cellule du tribunal. On me rend ma veste et direction mon lieu de villégiature RCMP accompagné de mes anges gardiens.
Rebelote, veste et chaussures enlevées, je rentre dans ma cellule et je sens alors que je commence à m'approprier le lieu... sentiment bizarre et ambigüe !
Ce lundi après midi; les gardiens me proposent une douche ... pas collective heureusement (attention au coup du savon !) Waoh! du bonheur! Enfin, je retrouve une part de ma dignité. On m'autorise à changer de vêtement en prenant du linge dans ma valise. Je constate à ce moment là que plein d'objets ont disparu: tous mes appareils électroniques (quelques Ecogyzer pour le séminaire, mon montre de joggueur avec GPS, des chargeurs pour batterie...), et même une bouteille de St Emilion Grand Cru 1993 que j'avais prévue comme cadeau pour notre partenaire à San Francisco). Bon on verra ça après !
Propre, je replonge pendant de longues heures dans mes pensées jusqu'à la nuit. J'ai du mal à trouver le sommeil... J'espère que demain sera la dernière journée dans cet endroit...
Bonne nuit !
samedi 5 septembre 2009
Un week end en cellule.
Dimanche ! Après cette première nuit passée à essayer de dormir, la bouche pâteuse, je jette un œil aux petits carreaux opaques qui s'illuminent progressivement à la lumière du jour. Je crois bien que c'est la pire nuit de ma vie. Inconfortable (le mot est faible!), bruyante (les gardiens ont discutés une bonne partie de la nuit), fraiche (la ventilation fonctionne mais pas de régulation de température, brrrr!)...enfin le pied !
Un frugal breakfast m'est servi par la trappe inférieure de la porte blindée (waoh ! quelle ambiance), dans une infâme boite en polyester style fast food: bacon et œufs avec un max de "potatoes". C'est marrant j'ai pas très faim.! Ah si, le jus d'orange, bien !
Dans la matinée, un policier me demande de le suivre dans la petite pièce au telephone pour une discussion avec une avocate, Michele, qui m'avertit qu'une conference telephonique aura lieu ce matin avec le juge en charge de mon dossier. En effet, quelques instants plus tard, le juge l'avocate, le policier et moi sommes reunis en téléconference et j'ecoute sagement (dans ces cas là, j'evite de faire le zouave!) les charges qui pèsent contre moi. Seul le juge cause dans le poste. En plus de la charge "d'espiéglerie" initiale, il rajoute deux charges (vas y, j'ai le dos large !) : le fait d'avoir utiliser un PC avec du GPS (les deux n'etaient pas du tout liés) et une autre charge que je n'ai pas vraiment saisie sur le coup (autre "diablerie" du meme genre). Il precise aussi qu'une audience au tribunal est prévue pour demain lundi matin pour confirmer ces charges. Et voila... le coup de fil a duré 5 minutes et j'en déduis que je resterai au moins une journée de plus dans cette galère. Donc "Wait and See" !.. enfin plutot "Wait" pour moi ...
Le policier m'emmène ensuite dans un autre local pour passer aux formalités un peu plus détaillées.
Tout d'abord, empreintes digitales : il m'offre l'occasion d'exprimer mon talent d'artiste en me recouvrant les deux mains d'encre noires, après m'être soigneusement nettoyé au cas où quelques graisses et poussières faussent le résultat des courses. Guidé par une main policière, j'applique l'empreinte de chaque doigt, de la main, de la tranche (gauche et droite) sur des formulaires administratifs... Ça n'en finit pas !
Ensuite, empreinte fond de l'oeil : rapide, un objectif : clic clac ! ca y est, c'est dans la boite...
Puis, scéance photo (une seule) : je me place derriére un petit panneau sur lequel doit etre mentionné mon nom (je ne lis pas meme ce qui y est inscrit, car je suis fatigué de ce tout ce cirque...): reclic reclac !
Et maintenant on passe au questionnaire, pas sur ce qui s'est passé dans l'avion (il en a visiblement rien a faire...), mais sur mon état civil et mes signes particuliers. Justement, le policier me demande si je n'ai pas un tatouage, ou autre signe distinctif de ce genre. Je lui repond courtoisement que j'avais passé l'age de ce type de décoration et que c'etait plutôt reservé aux jeunes. "Mais ne croyez pas ca, mon cher Môssieur" me répond il en soulevant la manche de sa chemise grise, exhibant ainsi un joli tatouage representant un soleil inca (... ou azteque, enfin j'sais plus). "Mon preado de fils me demande meme d'en avoir un et je lui ai dit qu'il verrait ca plus tard" poursuit-il fier de son oeuvre... Ah là ! je sens que le dialogue s'etablit et la communication s'assouplit nettement...la glace fond (je t'avouerai que je ne dois pas être très chaud non plus!), il se lache un peu, Jeff (oui, il s'appelle Jeff, je l'ai lu sur son uniforme... petite étiquette sur la poitrine comme les caissières des grands magasins... c'est pour l'accueil !)... mais il est temps de retourné en cellule... back to cell !
En y retournant, j'apercois ma valise près de la porte blindée et cela me rassure... Dans la nuit, je m'étais fais un film en imaginant ma valise débarquant sans son propriétaire à San Francisco, considérée comme bagage suspect (j'avais omis l'étiquette avec mes coordonnées) donc détruite par les services des douanes et du déminage. Bon, c'est toujours ca de recuperé... Y a t il tout dedans ?... je verrais ca après...
Un brossage de dents plus tard (brosse et echantillon de pâte dentifrice aimablement prêtés par l'établissement !), je me retrouve assis sur ce fin matelas plastifié et je dois m'armer de patience pour supporter le temps qui passe. Penser, c'est la seule chose qui m'occupe l'esprit...Pas de repere dans le temps (ah si : jour, nuit... merci les petits carreaux opaques !), pas de retour d'image (pas de mirroir), pas de possibilité d'ecrire, personne à qui parler (les gardiens, les autres detenus ?.. mais je les comprend a peine - il faut dire que l'accent de Terre Neuve et particulièrement de Gander, ca craint ! - par la suite, une canadienne anglophone de Toronto m'a meme dit qu'elle ne comprenait pas non plus - ca rassure !), pas de lecture (en tout cas, pas envie de lire "Salvation" !). J'essaie de dormir, difficile avec tous ces bruits (gardiens, messages radios, portes qui claquent...), je n'y arrive pas vraiment...
Sans trop d'espoir, je demande au policier qui passe devant ma cellule si je peux appeler ma famille et mes amis. Réaction inespérée (... parce que c'est dimanche, peut etre ?!), il m'accorde quelques minutes de telephone avec les miens. Un bol d'air, du bonheur brut, de l'emotion, en tout cas, une remontée de moral, meme si ça ne change rien à mon statut d'enfermé...
Mais j'espere que demain, je sortirais apres le passage au tribunal. Ils ont bien compris que je n'etais pas un dangereux personnage.
Et voila une autre journée passée en taule... Un dimanche au trou :-(
Un frugal breakfast m'est servi par la trappe inférieure de la porte blindée (waoh ! quelle ambiance), dans une infâme boite en polyester style fast food: bacon et œufs avec un max de "potatoes". C'est marrant j'ai pas très faim.! Ah si, le jus d'orange, bien !
Dans la matinée, un policier me demande de le suivre dans la petite pièce au telephone pour une discussion avec une avocate, Michele, qui m'avertit qu'une conference telephonique aura lieu ce matin avec le juge en charge de mon dossier. En effet, quelques instants plus tard, le juge l'avocate, le policier et moi sommes reunis en téléconference et j'ecoute sagement (dans ces cas là, j'evite de faire le zouave!) les charges qui pèsent contre moi. Seul le juge cause dans le poste. En plus de la charge "d'espiéglerie" initiale, il rajoute deux charges (vas y, j'ai le dos large !) : le fait d'avoir utiliser un PC avec du GPS (les deux n'etaient pas du tout liés) et une autre charge que je n'ai pas vraiment saisie sur le coup (autre "diablerie" du meme genre). Il precise aussi qu'une audience au tribunal est prévue pour demain lundi matin pour confirmer ces charges. Et voila... le coup de fil a duré 5 minutes et j'en déduis que je resterai au moins une journée de plus dans cette galère. Donc "Wait and See" !.. enfin plutot "Wait" pour moi ...
Le policier m'emmène ensuite dans un autre local pour passer aux formalités un peu plus détaillées.
Tout d'abord, empreintes digitales : il m'offre l'occasion d'exprimer mon talent d'artiste en me recouvrant les deux mains d'encre noires, après m'être soigneusement nettoyé au cas où quelques graisses et poussières faussent le résultat des courses. Guidé par une main policière, j'applique l'empreinte de chaque doigt, de la main, de la tranche (gauche et droite) sur des formulaires administratifs... Ça n'en finit pas !
Ensuite, empreinte fond de l'oeil : rapide, un objectif : clic clac ! ca y est, c'est dans la boite...
Puis, scéance photo (une seule) : je me place derriére un petit panneau sur lequel doit etre mentionné mon nom (je ne lis pas meme ce qui y est inscrit, car je suis fatigué de ce tout ce cirque...): reclic reclac !
Et maintenant on passe au questionnaire, pas sur ce qui s'est passé dans l'avion (il en a visiblement rien a faire...), mais sur mon état civil et mes signes particuliers. Justement, le policier me demande si je n'ai pas un tatouage, ou autre signe distinctif de ce genre. Je lui repond courtoisement que j'avais passé l'age de ce type de décoration et que c'etait plutôt reservé aux jeunes. "Mais ne croyez pas ca, mon cher Môssieur" me répond il en soulevant la manche de sa chemise grise, exhibant ainsi un joli tatouage representant un soleil inca (... ou azteque, enfin j'sais plus). "Mon preado de fils me demande meme d'en avoir un et je lui ai dit qu'il verrait ca plus tard" poursuit-il fier de son oeuvre... Ah là ! je sens que le dialogue s'etablit et la communication s'assouplit nettement...la glace fond (je t'avouerai que je ne dois pas être très chaud non plus!), il se lache un peu, Jeff (oui, il s'appelle Jeff, je l'ai lu sur son uniforme... petite étiquette sur la poitrine comme les caissières des grands magasins... c'est pour l'accueil !)... mais il est temps de retourné en cellule... back to cell !
En y retournant, j'apercois ma valise près de la porte blindée et cela me rassure... Dans la nuit, je m'étais fais un film en imaginant ma valise débarquant sans son propriétaire à San Francisco, considérée comme bagage suspect (j'avais omis l'étiquette avec mes coordonnées) donc détruite par les services des douanes et du déminage. Bon, c'est toujours ca de recuperé... Y a t il tout dedans ?... je verrais ca après...
Un brossage de dents plus tard (brosse et echantillon de pâte dentifrice aimablement prêtés par l'établissement !), je me retrouve assis sur ce fin matelas plastifié et je dois m'armer de patience pour supporter le temps qui passe. Penser, c'est la seule chose qui m'occupe l'esprit...Pas de repere dans le temps (ah si : jour, nuit... merci les petits carreaux opaques !), pas de retour d'image (pas de mirroir), pas de possibilité d'ecrire, personne à qui parler (les gardiens, les autres detenus ?.. mais je les comprend a peine - il faut dire que l'accent de Terre Neuve et particulièrement de Gander, ca craint ! - par la suite, une canadienne anglophone de Toronto m'a meme dit qu'elle ne comprenait pas non plus - ca rassure !), pas de lecture (en tout cas, pas envie de lire "Salvation" !). J'essaie de dormir, difficile avec tous ces bruits (gardiens, messages radios, portes qui claquent...), je n'y arrive pas vraiment...
Sans trop d'espoir, je demande au policier qui passe devant ma cellule si je peux appeler ma famille et mes amis. Réaction inespérée (... parce que c'est dimanche, peut etre ?!), il m'accorde quelques minutes de telephone avec les miens. Un bol d'air, du bonheur brut, de l'emotion, en tout cas, une remontée de moral, meme si ça ne change rien à mon statut d'enfermé...
Mais j'espere que demain, je sortirais apres le passage au tribunal. Ils ont bien compris que je n'etais pas un dangereux personnage.
Et voila une autre journée passée en taule... Un dimanche au trou :-(
jeudi 3 septembre 2009
Premier jour de prison....
Je suis donc conduit directement en cellule dans un véhicule 4x4 de la police montée canadienne (...fini les chevaux et les beaux costumes rouges... ça, c'est pour le folklore!). Le voyage ne dure que quelques minutes car les bâtiments de la RCMP (Royal Canadian Mountee Police) sont situés à proximité de l'aéroport .Entrée des artistes ... et des suspects, par la petite porte à l'arrière du bâtiment.
Accueil courtois des gardiens de cellules. Refouille au corps, on me demande d'enlever ma veste, ma ceinture (au cas ou ...!), ma montre, mes chaussures et jusqu'à mon alliance (la première fois en 29 ans de mariage - rechoc :-( Dépourvu de tout objet personnel, je suis invité à "m'installer" dans la cellule N°1, seul avec mes pensées. Alors là, bouffée de cafard garantie !
Quand la porte blindée se referme derrière moi dans un vacarme assourdissant (... j'ai compris par la suite qu'il y avait un couac dans le dispositif de fermeture), je me retrouve face à face avec moi même dans cette cellule de 3x3m. Sinistre "studio", jugez du peu : murs en parpaing fraichement repeints en blanc, lumière blafarde blanche avec un néon bien protégé, rebord en béton de 60cm qui me servira de siège et de lit avec 2 couvertures en tissu épais indéchirable, un matelas en plastique de 5cm d'épaisseur qui rend l'endroit plus "confortable", un lavabo couplé à une cuvette en aluminium en guise de toilettes, 6 petits carreaux opaques en haut d'un mur pour savoir s'il fait jour ou nuit (seule façon de se repérer dans le temps) et une magnifique porte blindée bleu nuit avec une vitre verticale et une trappe horizontale en partie basse en guise passe plat. Au plafond, quelques équipements techniques protégés et une grande grille de ventilation. Le tout dans un état d'une propreté irréprochable. Et heureusement qu'on est en été, parait-il que l'hiver il y fait un froid de canard...
Je m'asseois donc sur ce qui va me servir de siège et de lit pendant ces 3 interminables journées et je commence à penser. Je me rejoue indéfiniment la scène, ce voyage à bord du Paris Boston... Mais qu'ai je donc fais de si mal pour me retrouver enfermé dans cet endroit ?... J'en arrive à me pincer pour m'assurer que ce n'est pas un mauvais rêve.
Je pense encore à ce moment là que je devrais pouvoir sortir d'ici assez vite (1 ou 2 jours) et que je pourrais continuer sur San Francisco dans la semaine...
Et là, j'apprends à être patient (au moins que cette épreuve serve à quelque chose). Un gardien me propose de la lecture : Salvation (si, si !), le Reader Digest et le Herald (un magazine local). Je prend ces quelques bouquins et les pose près de moi sur le rebord en béton, je n'ai vraiment pas le cœur a lire quoi que ce soit...
Après quelques heures d'attente, un policier vient me proposer de téléphoner à un avocat et à l'ambassade de France. Il m'emmène dans une petite pièce où il y a un téléphone posé sur une table, une chaise et une camera au plafond. L'avocat commis d'office se veut rassurant: "Votre histoire n'est pas inhabituelle, cela arrive 3 à 4 fois par an mais généralement avec des personnes saoules. Disons qu'avec quelques jours de taule et 500$ d'amende, votre cas sera classé." Bon, j'en serais quitte rapidement et cela me parait raisonnable. "Demain, dimanche, vous participerez à une conférence téléphonique avec le juge pour vous signifier que vous passerez devant un tribunal lundi". Ah, donc le WE en prison... c'est pas top... M'enfin, j'avais qu'à pas déconner... Tout ça me remonte un peu le moral car je vois déjà le bout du tunnel...
J'appelle ensuite l'ambassade de France à Montréal mais là je tombe sur un gardien (eh oui, nous sommes le week end) qui me donne un N° de portable d'un consul. Celui ci s'enquiert de savoir si je suis bien traité (je le rassure sur ce point) et il me confirme que les autorités françaises ne peuvent s'immiscer dans les affaires intérieures (... merci cela m'est d'une grande utilité !).
Retour en cellule accompagné de mon ange gardien... Back to hell ! Quand j'entends cette porte blindée qui se referme derrière moi dans un vacarme d'enfer, pffouuh ... moral au 3e sous sol.
Quelques heures après je tente une demande pour contacter ma famille et mes proches : accordée ! Yessss! Rebelote, dans la petite salle et là je dois inscrire sur une feuille de papier tous les N° que je souhaite composer. Alors là, lorsque j'entends ma petite famille, c'est du bonheur à l'état pur, de l'émotion en barre. Je leur annonce dans quel pétrin je me suis fourré et leur demande de ne pas s'inquiéter: je suis bien traité et je devrais sortir bientôt.
Comme je n'avais plus de téléphone avec moi, j'étais handicapé pour me souvenir de certains N° pour appeler mes amis (au domicile, vu l'heure!) - La technologie ca a du bon, mais c'est vraiment pas terrible pour la mémoire. On a du mal a vivre sans nos prothèses que sont nos agendas électroniques... Enfin , j'arrive a avertir les collègues et amis de bureau que mon voyage a San Francisco est probablement compromis... Allez, je veux y croire encore un peu !
Et je retourne dans mon "studio"... Clack, fais la porte :-(
La nuit tombe (merci les petits carreaux opaques) et je décide d'essayer de dormir. Je m'allonge sur le fin "matelas" et me concentre sur ma position afin de ne pas tomber de ce rebord. Première nuit en prison (... de ma vie) et je n'ai pas envie de dormir... mes pensées m'assaillent : mais qu'est ce que je fais dans cette galère ?!... Good night !
Accueil courtois des gardiens de cellules. Refouille au corps, on me demande d'enlever ma veste, ma ceinture (au cas ou ...!), ma montre, mes chaussures et jusqu'à mon alliance (la première fois en 29 ans de mariage - rechoc :-( Dépourvu de tout objet personnel, je suis invité à "m'installer" dans la cellule N°1, seul avec mes pensées. Alors là, bouffée de cafard garantie !
Quand la porte blindée se referme derrière moi dans un vacarme assourdissant (... j'ai compris par la suite qu'il y avait un couac dans le dispositif de fermeture), je me retrouve face à face avec moi même dans cette cellule de 3x3m. Sinistre "studio", jugez du peu : murs en parpaing fraichement repeints en blanc, lumière blafarde blanche avec un néon bien protégé, rebord en béton de 60cm qui me servira de siège et de lit avec 2 couvertures en tissu épais indéchirable, un matelas en plastique de 5cm d'épaisseur qui rend l'endroit plus "confortable", un lavabo couplé à une cuvette en aluminium en guise de toilettes, 6 petits carreaux opaques en haut d'un mur pour savoir s'il fait jour ou nuit (seule façon de se repérer dans le temps) et une magnifique porte blindée bleu nuit avec une vitre verticale et une trappe horizontale en partie basse en guise passe plat. Au plafond, quelques équipements techniques protégés et une grande grille de ventilation. Le tout dans un état d'une propreté irréprochable. Et heureusement qu'on est en été, parait-il que l'hiver il y fait un froid de canard...
Je m'asseois donc sur ce qui va me servir de siège et de lit pendant ces 3 interminables journées et je commence à penser. Je me rejoue indéfiniment la scène, ce voyage à bord du Paris Boston... Mais qu'ai je donc fais de si mal pour me retrouver enfermé dans cet endroit ?... J'en arrive à me pincer pour m'assurer que ce n'est pas un mauvais rêve.
Je pense encore à ce moment là que je devrais pouvoir sortir d'ici assez vite (1 ou 2 jours) et que je pourrais continuer sur San Francisco dans la semaine...
Et là, j'apprends à être patient (au moins que cette épreuve serve à quelque chose). Un gardien me propose de la lecture : Salvation (si, si !), le Reader Digest et le Herald (un magazine local). Je prend ces quelques bouquins et les pose près de moi sur le rebord en béton, je n'ai vraiment pas le cœur a lire quoi que ce soit...
Après quelques heures d'attente, un policier vient me proposer de téléphoner à un avocat et à l'ambassade de France. Il m'emmène dans une petite pièce où il y a un téléphone posé sur une table, une chaise et une camera au plafond. L'avocat commis d'office se veut rassurant: "Votre histoire n'est pas inhabituelle, cela arrive 3 à 4 fois par an mais généralement avec des personnes saoules. Disons qu'avec quelques jours de taule et 500$ d'amende, votre cas sera classé." Bon, j'en serais quitte rapidement et cela me parait raisonnable. "Demain, dimanche, vous participerez à une conférence téléphonique avec le juge pour vous signifier que vous passerez devant un tribunal lundi". Ah, donc le WE en prison... c'est pas top... M'enfin, j'avais qu'à pas déconner... Tout ça me remonte un peu le moral car je vois déjà le bout du tunnel...
J'appelle ensuite l'ambassade de France à Montréal mais là je tombe sur un gardien (eh oui, nous sommes le week end) qui me donne un N° de portable d'un consul. Celui ci s'enquiert de savoir si je suis bien traité (je le rassure sur ce point) et il me confirme que les autorités françaises ne peuvent s'immiscer dans les affaires intérieures (... merci cela m'est d'une grande utilité !).
Retour en cellule accompagné de mon ange gardien... Back to hell ! Quand j'entends cette porte blindée qui se referme derrière moi dans un vacarme d'enfer, pffouuh ... moral au 3e sous sol.
Quelques heures après je tente une demande pour contacter ma famille et mes proches : accordée ! Yessss! Rebelote, dans la petite salle et là je dois inscrire sur une feuille de papier tous les N° que je souhaite composer. Alors là, lorsque j'entends ma petite famille, c'est du bonheur à l'état pur, de l'émotion en barre. Je leur annonce dans quel pétrin je me suis fourré et leur demande de ne pas s'inquiéter: je suis bien traité et je devrais sortir bientôt.
Comme je n'avais plus de téléphone avec moi, j'étais handicapé pour me souvenir de certains N° pour appeler mes amis (au domicile, vu l'heure!) - La technologie ca a du bon, mais c'est vraiment pas terrible pour la mémoire. On a du mal a vivre sans nos prothèses que sont nos agendas électroniques... Enfin , j'arrive a avertir les collègues et amis de bureau que mon voyage a San Francisco est probablement compromis... Allez, je veux y croire encore un peu !
Et je retourne dans mon "studio"... Clack, fais la porte :-(
La nuit tombe (merci les petits carreaux opaques) et je décide d'essayer de dormir. Je m'allonge sur le fin "matelas" et me concentre sur ma position afin de ne pas tomber de ce rebord. Première nuit en prison (... de ma vie) et je n'ai pas envie de dormir... mes pensées m'assaillent : mais qu'est ce que je fais dans cette galère ?!... Good night !
mercredi 2 septembre 2009
Bonjour Terre Neuve ... adieu San Francisco :-(
Sur le tarmac, plusieurs vehicules sont stationnés au pied de l'avion (police, douanes...) et là le cauchemar s'accelere : mains posées sur le vehicule, fouille au corps, le policier qui m'a precedemment sorti de l'avion m'annonce que je suis en etat d'arrestation ("You are under arrest" - comme a la télé, sauf que là je suis de l'autre coté de l'ecran...) Re choc ! Stress garanti ! (pas possible, je reve ! eh bien, non !) Il me demande si je souhaite contacter un avocat : reponse affirmative de ma part. Et il m'annonce la charge qui pese contre moi : "mischief" (sur le dico, c'est traduit par "espièglerie" !). Il m'énonce mes droits... la je ne comprend pas tout... Apres m'avoir fait reconnaitre mes 3 appareils electroniques : le PC, le module et le PDA, il m'annonce que je vais aller directement en cellule sans passer par la case départ...
Je suis donc emmené, tres courtoisement, en cellule ou je vais y passer 3 interminables journées. Adieu San Francisco ...Bonjour Gander!
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