Ce dimanche est mon dernier jour à Gander... théoriquement. Mon vol pour Halifax est prévu cet après midi à 14h20 et je jubile de bonheur de penser à ce départ. J'allume le téléviseur et je zappe parmi la trentaine de chaines disponibles jusqu'au canal TV météo. Bill, l'ouragan tropical, poursuit sa route vers les côtes de Nouvelle Ecosse et il frappera très probablement Halifax cet après midi. Par acquis de conscience, je descend à la reception de l'hotel où je peux consulter les horaires d'avion en libre service sur internet. Voyons... Air Canada, Gander - Halifax : vol annulé :-( Nooon ! Même la météo est contre moi ! Désarroi total... J'appelle aussitôt mon "organisateur de voyage" qui confirme l'annulation de mon vol de cet apres midi et me demande de patienter (... encore) en attendant un nouvel itinéraire.
Le temps est gris et moi aussi. Quelques heures plus tard, je reçois un fax à la réception pour m'informer de mon nouveau parcours (le quatrième) : Gander - St John's en bus, puis St John's - Halifax demain lundi, Halifax - New York - Paris (arrivée prévue mercredi 26 août au matin). Hôtels à St John's et Halifax réservés. Quelle aventure! Le bus pour St John's (capitale de Terre Neuve située sur la péninsule d'Avalon sur la côte Est) partira de l'aéroport à 17h00. Nouveaux appels à mes proches pour avertir du décalage d'une journée supplémentaire.
Patience...
Je libère la chambre vers 13h00 et me rend à l'aéroport en taxi. Quelques heures d'attente dans cet aérogare provincial, avec cette magnifique exposition sur les premiers aviateurs téméraires qui ont traversé l'Atlantique, et le bus pour St John's arrive. Les 322km qui nous sépare de notre destination, sont bouclés en 4 heures dans un car très confortable. Sur la transcanadienne qui s'enfonce à travers les forêts de sapins, le temps est trés sombre et plus on s'approche de St John's, plus le brouillard s'épaissit.
Arrivés à la gare routière, nous nous retrouvons à plusieurs passagers dans une situation similaire : trouver un taxi qui nous emmène dans un hôtel prés de l'aéroport. En discutant avec une autre passagère du car, je lui propose de partager la course. Elle n'a pas eu le temps de réserver une chambre et le chauffeur appelle l'hôtel pour voir si une chambre est disponible. Par chance, c'est la dernière. Pendant le trajet, elle me raconte son histoire qui possède un point commun avec la mienne : une semaine après mon vol Paris Boston, donc hier, elle a été la cause d'un déroutement d'avion sur Gander. Bienvenue au club ! Elle a eu une syncope en plein vol et le commandant de bord n'a pas eu d'autre choix que d'atterrir en urgence à Gander. Revenue à elle, elle a été placée en observation à l'hôpital et a pu en sortir après quelques heures. Elle est physicienne, citoyenne américaine, d'origine yougoslave et doit rejoindre son domicile à Pittsburg au plus vite, malgré Bill. Un clin d'œil de la quotidienneté !
Arrivés à l'hôtel, il était deja tard. Demain, direction Halifax... Chaque jour sa peine! L'essentiel était d'avoir quitté Gander. Bonne nuit ;-)
samedi 12 septembre 2009
vendredi 11 septembre 2009
Quand Bill , l'ouragan s'en mêle !
Je dois donc passer ce samedi à Gander, cette paisible ville de centre Terre Neuve située le long du lac Gander.
De quoi me plains je?... je suis sorti de cellule... Baskets aux pieds, un petit jogging (10km) va me faire du bien. Direction une forêt aménagée le long de la transcanadienne. Malgré, une météo maussade, cet endroit est merveilleux : entretenu par des volontaires écolos, un parcours aménagé en pleine nature sillone cette forêt composée de multiples espèces d'arbres et de nombreux panneaux explicatifs le jalonne tout du long. Un clin d'oeil : je m'arrête devant une pancarte indiquant qu'à cet emplacement, un bombardier americain s'est "crashé" ici pendant la seconde guerre mondiale. Quelques debris de moteur gisent sur le sol comme preuve de ce tragique évenement. Ah... les avions, ca me poursuit ! Il faut preciser que Terre Neuve fut le lieu de prédilection des aventuriers aeronautiques du debut du 20e siecle, lors des premieres traversées transatlantiques. Une exposition leur est d'ailleurs consacrée à l'aeroport.
Revenu à l'hôtel sous la pluie, je m'installe dans la chambre pour écrire quelques lignes de mon histoire. Et je regarde d'un œil distrait, sur le canal TV météo, l'évolution d'un ouragan qui a pris naissance dans la mer des Caraïbes quelques jours plus tôt. Celui ci a été surnommé Bill ! Why not ! Inquiet sur sa progression, je tends l'oreille. Il semblerait qu'il s'approche inéluctablement des côtes de la Nouvelle Ecosse et notamment d'Halifax. Halifax où mon vol de demain doit atterrir en milieu d'après midi... Pas de chance !
Bill, de catégorie 1, développe des vents de 110 à 130km/h. Dans ces conditions, un avion ne peut atterrir en toute sécurité (... rien a voir avec la patafix !) et la raison voudrait que les vols soient annulés... Particulièrement concerné par ce phénomène naturel, j'appelle Mike sur son portable, le représentant d'American Airlines qui "organise" mon voyage de retour.. "Mike, es tu certain que mon vol de demain sera maintenu ?..." lui demande-je fébrile. "Ne t'en fais pas, tout va bien se passer ! Ce n'est pas ce petit coup de vent qui va modifier ton programme!" me repond-il d'un ton assuré... Pas vraiment convaincu, je raccroche et je suis avec attention l'evolution de Bill à la télé ! Il se peut que sa route soit détournée et que l'impact sur Halifax soit mineur. Je croise les doigts ... Attendons Dimanche.
De quoi me plains je?... je suis sorti de cellule... Baskets aux pieds, un petit jogging (10km) va me faire du bien. Direction une forêt aménagée le long de la transcanadienne. Malgré, une météo maussade, cet endroit est merveilleux : entretenu par des volontaires écolos, un parcours aménagé en pleine nature sillone cette forêt composée de multiples espèces d'arbres et de nombreux panneaux explicatifs le jalonne tout du long. Un clin d'oeil : je m'arrête devant une pancarte indiquant qu'à cet emplacement, un bombardier americain s'est "crashé" ici pendant la seconde guerre mondiale. Quelques debris de moteur gisent sur le sol comme preuve de ce tragique évenement. Ah... les avions, ca me poursuit ! Il faut preciser que Terre Neuve fut le lieu de prédilection des aventuriers aeronautiques du debut du 20e siecle, lors des premieres traversées transatlantiques. Une exposition leur est d'ailleurs consacrée à l'aeroport.Revenu à l'hôtel sous la pluie, je m'installe dans la chambre pour écrire quelques lignes de mon histoire. Et je regarde d'un œil distrait, sur le canal TV météo, l'évolution d'un ouragan qui a pris naissance dans la mer des Caraïbes quelques jours plus tôt. Celui ci a été surnommé Bill ! Why not ! Inquiet sur sa progression, je tends l'oreille. Il semblerait qu'il s'approche inéluctablement des côtes de la Nouvelle Ecosse et notamment d'Halifax. Halifax où mon vol de demain doit atterrir en milieu d'après midi... Pas de chance !
Bill, de catégorie 1, développe des vents de 110 à 130km/h. Dans ces conditions, un avion ne peut atterrir en toute sécurité (... rien a voir avec la patafix !) et la raison voudrait que les vols soient annulés... Particulièrement concerné par ce phénomène naturel, j'appelle Mike sur son portable, le représentant d'American Airlines qui "organise" mon voyage de retour.. "Mike, es tu certain que mon vol de demain sera maintenu ?..." lui demande-je fébrile. "Ne t'en fais pas, tout va bien se passer ! Ce n'est pas ce petit coup de vent qui va modifier ton programme!" me repond-il d'un ton assuré... Pas vraiment convaincu, je raccroche et je suis avec attention l'evolution de Bill à la télé ! Il se peut que sa route soit détournée et que l'impact sur Halifax soit mineur. Je croise les doigts ... Attendons Dimanche.
jeudi 10 septembre 2009
Laissez moi partir !
Vendredi matin 21 aout. Le soleil brille... c'est bon signe (... enfin j'espère !). Comme mon vol est prévu à 14h20, je décide de faire un court mais intense jogging, une douche et un petit dej. De retour dans ma chambre, je reçois un message téléphonique de Air Canada de Montréal qui m'annonce ne pas pouvoir émettre un billet Gander - Halifax ( env. 800$ CAN) car mon compte n'est pas suffisamment approvisionné. Surprise ! En effet, il y a deux jours, le précédent billet émis pour 2000$ avait été débité de mon compte mais pas encore recrédité (délai de traitement bancaire). Il faut donc trouver une solution immédiatement sinon pas de voyage aujourd'hui !
Encore un peu de stress... Au point où j'en suis...! Quelques coups de fil après, je suis sauvé : mon ami et associé Philippe, me communique le N° de sa carte bancaire et la transaction peut finalement se faire. Ouf !
Direction l'aéroport. Je file revoir mes douaniers préférés ! Ils me remettent mon passeport car mon départ est imminent. Je passe ma valise à la sécurité et une bandelette verte, passée autour de la poignée, valide le bagage. Jusqu'ici tout va bien... pourvu que ça continue ! Je me présente au comptoir Air Canada. Accueilli par une charmante hôtesse, elle met ma valise sur la balance et me demande mon billet et mon passeport. Elle vérifie sur son écran et d'un geste prompt, elle ôte la bandelette verte de ma valise et me demande de patienter quelques instants (ouh la la ! c'est pas bon signe!). Elle revient quelques minutes après avec la responsable qui me signifie simplement que la compagnie ne peut me prendre a son bord pour raison de sécurité. Le ciel me retombe encore sur la tête! Aïe! Calmement, je lui explique que mon planning de vol a été établi la veille par un représentant de la compagnie American Airlines et que toutes les vérifications (y compris celle de Air Canada) ont été faites. No way ! Rien à faire !... Mais quand vont ils me laisser rentrer chez moi ?!... Terre Neuve est un endroit admirable mais faut pas exagérer...
Après quelques heures d'attente à l'aéroport pour voir si la situation évolue, je retourne à l'hôtel Gander où j'attends patiemment de nouvelles instructions d'AA. Etrange sentiment que de sentir mon destin suspendu au bon vouloir d'une compagnie qui va me dire ce que je dois faire... Patience !
En fin d'après midi , je reçois un fax a la réception de l'hôtel pour m'indiquer mon nouveau planning de vols.
Départ dimanche (dans 2 jours, oh non ! :-( même itinéraire : Gander - Halifax - New York - Paris avec arrivée prévue Paris mardi 25 aout matin. C'est pas possible ! Qu'ai je donc de si "attractif" pour qu'ils me gardent aussi longtemps ?... Mes proches avertis de ce 3e plan de vol, je decide d'aller dormir , le moral dans les chaussettes...
Encore un peu de stress... Au point où j'en suis...! Quelques coups de fil après, je suis sauvé : mon ami et associé Philippe, me communique le N° de sa carte bancaire et la transaction peut finalement se faire. Ouf !
Direction l'aéroport. Je file revoir mes douaniers préférés ! Ils me remettent mon passeport car mon départ est imminent. Je passe ma valise à la sécurité et une bandelette verte, passée autour de la poignée, valide le bagage. Jusqu'ici tout va bien... pourvu que ça continue ! Je me présente au comptoir Air Canada. Accueilli par une charmante hôtesse, elle met ma valise sur la balance et me demande mon billet et mon passeport. Elle vérifie sur son écran et d'un geste prompt, elle ôte la bandelette verte de ma valise et me demande de patienter quelques instants (ouh la la ! c'est pas bon signe!). Elle revient quelques minutes après avec la responsable qui me signifie simplement que la compagnie ne peut me prendre a son bord pour raison de sécurité. Le ciel me retombe encore sur la tête! Aïe! Calmement, je lui explique que mon planning de vol a été établi la veille par un représentant de la compagnie American Airlines et que toutes les vérifications (y compris celle de Air Canada) ont été faites. No way ! Rien à faire !... Mais quand vont ils me laisser rentrer chez moi ?!... Terre Neuve est un endroit admirable mais faut pas exagérer...
En fin d'après midi , je reçois un fax a la réception de l'hôtel pour m'indiquer mon nouveau planning de vols.
Départ dimanche (dans 2 jours, oh non ! :-( même itinéraire : Gander - Halifax - New York - Paris avec arrivée prévue Paris mardi 25 aout matin. C'est pas possible ! Qu'ai je donc de si "attractif" pour qu'ils me gardent aussi longtemps ?... Mes proches avertis de ce 3e plan de vol, je decide d'aller dormir , le moral dans les chaussettes...
mardi 8 septembre 2009
Je veux rentrer chez moi !
Je me retrouve donc dans les bureaux de la douane à l'aéroport de Gander, pour répondre aux questions des deux officiers. Juste avant l'entretien, je leur demande poliment si je peux appeler une agence de voyage avant l'heure de fermeture imminente, afin de préparer mon voyage de retour. Ils m'accordent royalement cette faveur et mettent à ma disposition un poste téléphonique. Avec l'aide de la voyagiste, j'organise donc mon vol de retour (plusieurs étapes) : Gander, Halifax, Montréal, Paris. Départ demain jeudi 20 aout 14:20 et arrivée prévue à Paris vendredi 21 au matin. Parfait !... hormis un petit détail : presque 2000$ CAN pour cet aller simple !! ... le double de l'aller et retour Paris San Francisco ! Ça tape fort ! mais je n'ai pas vraiment le choix, je souhaite rentrer au plus vite à la maison. Si je savais !...
Les douaniers me posent ensuite une série de questions, toutes plus indiscrètes que les autres... sur ma famille, mon activité, mes voyages... une enquête en quelque sorte !.. je croyais pourtant que j'en étais sorti... Et ils gardent mon passeport jusqu'au moment où je quitterai Gander.
Rendez vous demain matin 9h00 avec les douaniers ... malgré un vol prévu à 14h20. Étrange ...
Je rentre à l'hôtel en passant par le magasin de souvenirs de mon gardien de cellule, pour prendre les cadeaux gravés sur bois et sur verre. Et je suis si heureux d'imaginer que dans 2 jours je retrouverai les miens et mes amis... Quel bonheur ! rien que d'y penser !
Rentré dans ma chambre, je recois un coup de fil d'une journaliste de la TV canadienne CBC qui souhaite m'interviewer avant mon départ. Seule, accompagnée de sa caméra, je la recois dans ma chambre pour raconter mon aventure et témoigner de la réaction démesurée à mon égard. Elle prend des risques: seule face à un "dangereux" personnage comme moi !! L'interview dure une vingtaine de minutes.
Et ensuite dodo! Nuit confortable avec des rêves bizarres d'emprisonnement et des couloirs sans fin (... ça me travaille pas mal cette histoire !)
Le lendemain matin, je me présente comme convenu au bureau des douanes et là, secousse mentale (encore)! Très stoïquement, ils m'annoncent que la compagnie aérienne nationale (Air Canada) ne m'autorise pas à prendre ses avions pour des raisons de sécurité. Et voila, ça y est, je suis dans la boite ... avec l'étiquette "personnage dangereux" ! Donc pas de prise de risques pour la compagnie... Et je fais comment pour sortir d'ici ?!...Ce sentiment d'être prisonnier me parcourt encore l'esprit... ils ont juste élargi un peu les murs !! Mais je veux simplement rentrer chez moi...
Je comprends alors que je ne pourrai pas organiser mon voyage de retour sans l'implication des autorités canadiennes et la compagnie aérienne AA. Toujours sans passeport, je retourne à l'hôtel où la receptioniste s'interroge sur l'objet de mon retour. Mais une employée, compatissante, me demande si je me porte bien car elle avait entendu le matin même à la radio mon histoire... Quelle histoire invraisembable !
Après avoir passé de nombreux coups de fil pour avertir mes proches de l'annulation de mon planning de vols, je rappelle le bureau des douanes pour avoir des nouvelles. No news :-( Attendre, encore attendre... mais combien de temps ?... Si je dois tirer quelque chose de positif de cette malheureuse expérience, c'est la patience ! Je n'arrête pas d'attendre... J'en profite pour faire quelques pas le long de cet ancien fjord qu'est devenu le lac Gander. Endroit magnifique... Ca detend... Enfin (dans mon cas) presque !
En fin d'après midi, je recois un appel d'un representant de la compagnie, Mike, qui m'annonce la fin de mes ennuis ! Ouf ! Il me propose une rencontre à mon hotel ce soir même. Banco ! Espoir d'une porte de sortie... Hi Mike ! nous nous dirigeons vers l'ordinateur de la reception où il verifie le nouveau plan de vols : Gander, Halifax, New York, Paris. Départ demain vendredi, nuit à Halifax, transit à NYC toute la journée (n'y aurait-il pas un vol plus tot pour Paris ?... j'aurai la réponse à cette question plus tard !), et arrivée à Paris CDG dimanche matin... Bon, là encore : pas le choix ! Je lui demande si je n'aurais pas de soucis pour passer la douane US, et il me repond d'un air détaché : "Si tu as des problemes, appelle moi, je te laisse mon portable!" A moitié rassuré, je prend congé de Mike et après un frugal diner, monte me coucher... avec l'espoir de sortir bientôt de ce cauchemar...
Les douaniers me posent ensuite une série de questions, toutes plus indiscrètes que les autres... sur ma famille, mon activité, mes voyages... une enquête en quelque sorte !.. je croyais pourtant que j'en étais sorti... Et ils gardent mon passeport jusqu'au moment où je quitterai Gander.
Rendez vous demain matin 9h00 avec les douaniers ... malgré un vol prévu à 14h20. Étrange ...
Je rentre à l'hôtel en passant par le magasin de souvenirs de mon gardien de cellule, pour prendre les cadeaux gravés sur bois et sur verre. Et je suis si heureux d'imaginer que dans 2 jours je retrouverai les miens et mes amis... Quel bonheur ! rien que d'y penser !
Rentré dans ma chambre, je recois un coup de fil d'une journaliste de la TV canadienne CBC qui souhaite m'interviewer avant mon départ. Seule, accompagnée de sa caméra, je la recois dans ma chambre pour raconter mon aventure et témoigner de la réaction démesurée à mon égard. Elle prend des risques: seule face à un "dangereux" personnage comme moi !! L'interview dure une vingtaine de minutes.
Et ensuite dodo! Nuit confortable avec des rêves bizarres d'emprisonnement et des couloirs sans fin (... ça me travaille pas mal cette histoire !)
Le lendemain matin, je me présente comme convenu au bureau des douanes et là, secousse mentale (encore)! Très stoïquement, ils m'annoncent que la compagnie aérienne nationale (Air Canada) ne m'autorise pas à prendre ses avions pour des raisons de sécurité. Et voila, ça y est, je suis dans la boite ... avec l'étiquette "personnage dangereux" ! Donc pas de prise de risques pour la compagnie... Et je fais comment pour sortir d'ici ?!...Ce sentiment d'être prisonnier me parcourt encore l'esprit... ils ont juste élargi un peu les murs !! Mais je veux simplement rentrer chez moi...
Je comprends alors que je ne pourrai pas organiser mon voyage de retour sans l'implication des autorités canadiennes et la compagnie aérienne AA. Toujours sans passeport, je retourne à l'hôtel où la receptioniste s'interroge sur l'objet de mon retour. Mais une employée, compatissante, me demande si je me porte bien car elle avait entendu le matin même à la radio mon histoire... Quelle histoire invraisembable !
En fin d'après midi, je recois un appel d'un representant de la compagnie, Mike, qui m'annonce la fin de mes ennuis ! Ouf ! Il me propose une rencontre à mon hotel ce soir même. Banco ! Espoir d'une porte de sortie... Hi Mike ! nous nous dirigeons vers l'ordinateur de la reception où il verifie le nouveau plan de vols : Gander, Halifax, New York, Paris. Départ demain vendredi, nuit à Halifax, transit à NYC toute la journée (n'y aurait-il pas un vol plus tot pour Paris ?... j'aurai la réponse à cette question plus tard !), et arrivée à Paris CDG dimanche matin... Bon, là encore : pas le choix ! Je lui demande si je n'aurais pas de soucis pour passer la douane US, et il me repond d'un air détaché : "Si tu as des problemes, appelle moi, je te laisse mon portable!" A moitié rassuré, je prend congé de Mike et après un frugal diner, monte me coucher... avec l'espoir de sortir bientôt de ce cauchemar...
lundi 7 septembre 2009
Mon procès: plaider coupable !
Réveillé à 7h00 du matin, je décide de faire un jogging, pour décompresser ! Il pleut des cordes, mais c'est si bon ! ... mouillé dedans , trempé dehors ! Longeant la transcanadienne sur 3 km, je fais le tour d'un admirable petit lac, Cobb's pound (ici, ils appellent ça un etang : 3 km de perimètre quand même !) et retour à l'hôtel.
Trempé et fatigué et un peu calmé...Une bonne douche, un breakfast (un vrai !) et il va falloir penser à aller au tribunal.
Mais auparavant il faut "pointer" au poste de police RCMP. Un taxi m'y emmene donc. Un policier me présente un formulaire sur lequel il indique l'heure de mon passage. J'y appose ma signature.
Il me reste un peu de temps avant d'aller au tribunal et je repense au gardien de cellule qui m'a emmené hier en voiture à l'hôtel. Il donne un coup de main dans un magasin de souvenirs tenu par sa famille et il personnalise les cadeaux souvenirs en gravant sur verre ou sur bois (cadre, stylo, porte clé). On peut apporter ses propres photos et les faire graver sur différents supports. Classique mais sympa ! J'achète donc quelques cadeaux pour mes proches (famille et amis) sur lesquels je fais graver cette fatidique date du 15 aout en souvenir du soutien moral qu'ils m'ont apporté dans cet épreuve. Je leur en serai à jamais reconnaissant.
Je me rend ensuite à pied au tribunal qui n'est plus qu'à quelques centaines de mètres de là. J'y rencontre mon avocat, Ray et une jeune et jolie journaliste de CBC radio, Jessica, qui souhaite m'interviewer sur mon histoire. Ce serait bien la première personne à avoir ma version des faits... Je lui explique que le délibéré n'a pas encore eu lieu et que je répondrai volontiers à ses questions après le verdict.
Quelques instants après, Ray m'invite à le suivre dans une salle d'audience, différente de celle d'hier. Même scénario, dès que le juge pénétre dans cette enceinte, tout le monde se lève (comme dans la pub, mais pas pour les mêmes raisons !). L'audience est ouverte, chacun y va de son plaidoyer:
- les procureurs fédéral et provincial qui chargent et appuient là où ça fait mal (métier pas facile !). Oui, je suis conscient d'avoir mis la trouille aux passagers et à l'équipage (...qui selon moi auraient quand même pu essayer de communiquer), et je le regrette sincèrement;
- l'avocat qui déroule ma vie grâce aux éléments transmis par ma fille et mes amis du bureau - 40 pages de fax pour dire qui je suis ! - ingénieur dans des compagnies internationales, directeur technique dans une société américaine, le marathon de New York, enfin un mec bien sous tout rapport (stop! j'ai les chevilles qui gonflent !), mais Ray n'oublie pas de plaider coupable (ce qui me donne le droit de me taire !)
- et le juge qui sermone en reprenant les charges pesant contre moi, annonce la sentence definitve : 10 ans d'interdiction de territoire canadien et 32000$ d'amende (22000$ US pour la compagnie aèrienne et 10000$ CAN pour la justice canadienne).
Et voila l'affaire est classée. Emballez, c'est pesé ! Disproportion ? Inadéquation ?
Cher payé, en tout cas !
Certains penseront que non, mais je les invite à vivre 3 jours en cellule et payer l'amende en question, et je leur reposerai la question : "addition salée, ne trouvez vous pas ?!..."
J'ai un gout amer dans la tête, un sentiment d'incompréhension, ... d'injustice ?!... une impression de gâchis de temps et d'énergie. Enfin, remets toi, Patrick, regarde devant ! C'est fait c'est fait. Rebondir... Pas facile car j'ai perdu un peu de mon élasticité ! Allez courage!
A la sortie de la salle d'audience, deux officiers des douanes souhaitent me poser quelques questions. Eh bien, oui, à l'arrivée je suis passé directement à la case prison, sans m'arrêter à la case douane !
Je dois signer quelques papiers en cours de préparation par le greffe et je les rejoindrai ensuite dans leurs bureaux à l'aéroport. Dans l'intervalle, je retrouve Jessica accompagnée de son micro et de son magnétophone, qui m'invite à lui raconter mon histoire. L'entretien dure une quinzaine de minutes et elle m'indique que ça passera probablement demain matin sur les ondes de CBC local news. Je prend congé de la jeune fille blonde. Et après avoir récupéré mon dossier au greffe (... étonné de noter que même l'amende due à la compagnie aérienne est à régler dans les 4 prochains mois - comme l'amende pour la justice canadienne) , je prend un taxi pour l'aéroport...
L'épisode judiciaire local est maintenant terminé, il va falloir songer à rentrer au bercail ! Je suis libéré, certes mais pas completement libre : mon passeport est encore entre les mains des autorités canadiennes et mon PC, PDA, Ecogyzer sont entre les mains de la RCMP... A suivre ...
Mais auparavant il faut "pointer" au poste de police RCMP. Un taxi m'y emmene donc. Un policier me présente un formulaire sur lequel il indique l'heure de mon passage. J'y appose ma signature.
Il me reste un peu de temps avant d'aller au tribunal et je repense au gardien de cellule qui m'a emmené hier en voiture à l'hôtel. Il donne un coup de main dans un magasin de souvenirs tenu par sa famille et il personnalise les cadeaux souvenirs en gravant sur verre ou sur bois (cadre, stylo, porte clé). On peut apporter ses propres photos et les faire graver sur différents supports. Classique mais sympa ! J'achète donc quelques cadeaux pour mes proches (famille et amis) sur lesquels je fais graver cette fatidique date du 15 aout en souvenir du soutien moral qu'ils m'ont apporté dans cet épreuve. Je leur en serai à jamais reconnaissant.
Je me rend ensuite à pied au tribunal qui n'est plus qu'à quelques centaines de mètres de là. J'y rencontre mon avocat, Ray et une jeune et jolie journaliste de CBC radio, Jessica, qui souhaite m'interviewer sur mon histoire. Ce serait bien la première personne à avoir ma version des faits... Je lui explique que le délibéré n'a pas encore eu lieu et que je répondrai volontiers à ses questions après le verdict.
Quelques instants après, Ray m'invite à le suivre dans une salle d'audience, différente de celle d'hier. Même scénario, dès que le juge pénétre dans cette enceinte, tout le monde se lève (comme dans la pub, mais pas pour les mêmes raisons !). L'audience est ouverte, chacun y va de son plaidoyer:
- les procureurs fédéral et provincial qui chargent et appuient là où ça fait mal (métier pas facile !). Oui, je suis conscient d'avoir mis la trouille aux passagers et à l'équipage (...qui selon moi auraient quand même pu essayer de communiquer), et je le regrette sincèrement;
- l'avocat qui déroule ma vie grâce aux éléments transmis par ma fille et mes amis du bureau - 40 pages de fax pour dire qui je suis ! - ingénieur dans des compagnies internationales, directeur technique dans une société américaine, le marathon de New York, enfin un mec bien sous tout rapport (stop! j'ai les chevilles qui gonflent !), mais Ray n'oublie pas de plaider coupable (ce qui me donne le droit de me taire !)
- et le juge qui sermone en reprenant les charges pesant contre moi, annonce la sentence definitve : 10 ans d'interdiction de territoire canadien et 32000$ d'amende (22000$ US pour la compagnie aèrienne et 10000$ CAN pour la justice canadienne).
Et voila l'affaire est classée. Emballez, c'est pesé ! Disproportion ? Inadéquation ?
Cher payé, en tout cas !
Certains penseront que non, mais je les invite à vivre 3 jours en cellule et payer l'amende en question, et je leur reposerai la question : "addition salée, ne trouvez vous pas ?!..."
J'ai un gout amer dans la tête, un sentiment d'incompréhension, ... d'injustice ?!... une impression de gâchis de temps et d'énergie. Enfin, remets toi, Patrick, regarde devant ! C'est fait c'est fait. Rebondir... Pas facile car j'ai perdu un peu de mon élasticité ! Allez courage!
A la sortie de la salle d'audience, deux officiers des douanes souhaitent me poser quelques questions. Eh bien, oui, à l'arrivée je suis passé directement à la case prison, sans m'arrêter à la case douane !
Je dois signer quelques papiers en cours de préparation par le greffe et je les rejoindrai ensuite dans leurs bureaux à l'aéroport. Dans l'intervalle, je retrouve Jessica accompagnée de son micro et de son magnétophone, qui m'invite à lui raconter mon histoire. L'entretien dure une quinzaine de minutes et elle m'indique que ça passera probablement demain matin sur les ondes de CBC local news. Je prend congé de la jeune fille blonde. Et après avoir récupéré mon dossier au greffe (... étonné de noter que même l'amende due à la compagnie aérienne est à régler dans les 4 prochains mois - comme l'amende pour la justice canadienne) , je prend un taxi pour l'aéroport...
L'épisode judiciaire local est maintenant terminé, il va falloir songer à rentrer au bercail ! Je suis libéré, certes mais pas completement libre : mon passeport est encore entre les mains des autorités canadiennes et mon PC, PDA, Ecogyzer sont entre les mains de la RCMP... A suivre ...
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